Le condensé qui suit est issu de la biographie de Shri Bhagavan Aryadeva. Celle-ci m’a été aimablement confiée par Henry et Martine Normand, les légataires de l’œuvre du Maître, lors de ma visite dans le Jura.

Introduction

Nous allons retracer la vie d’un homme exceptionnel qui consacra son existence à redécouvrir l’histoire, celle de la Métaphysique, celle des Sciences Universelles. A travers la relation épistolaire qu’il entretient avec la famille Normand, c’est plus de trois mille ans d’histoire qu’il réécrit. Cette relation durera plus d’une décennie. Une partie de ses lettres ont été compilées dans deux ouvrages : La Clef, le livre sacré des livres sacrés ou La Symbologie Universelle Restituée, Tome 1 et Tome 2. Dans ces deux livres (que nous devons à Henry et Martine Normand) reposent les fondements de la Métaphysique, Science sur laquelle toutes les religions primitives s’appuyèrent pour délivrer leurs enseignements. Aujourd’hui une infime partie de ces enseignements persiste en Occident. Seul l’Orient possède encore ce savoir, cette sagesse, cette connaissance qui traverse les siècles dans une rigueur intemporelle.

Voici l’histoire de Paul Adam qui deviendra « Shri Bhagavan Aryadeva » lors de son séjour en Inde. Lorsqu’une personne est reconnue pour son savoir et ses pratiques religieuses pour ne pas dire ascétiques, elle est reconnue en tant que « Maître ». Pour cette reconnaissance, il est de coutume dans de nombreuses traditions de rebaptiser la personne, de lui donner un nouveau nom. En effet Paul Adam fut notoirement reconnu comme une éminente personnalité douée d’un savoir millénaire, polyglotte et profondément ancrée dans la spiritualité.

Biographie (condensée)

Né à Versailles le 17 février 1917, mort à Prénovel dans le Jura le 8 juin 1970, Paul Adam avait treize ans lorsqu’il décide de mettre fin à ses jours, las d’une existence vide de sens. La route, qu’il entreprit ce jour-là pour s’isoler, le mena devant l’étal d’un bouquiniste. Ses yeux s’arrêtèrent sur le titre d’un livre : Lumière d’Asie. Lorsqu’il lut l’ouvrage, une phrase allait à jamais changer le cours de son existence « Soyez votre propre flambeau ». Cette phrase, tirée des enseignements du Bouddha, le guidera désormais. Il ne cessera d’étudier : du Coran en Arabe, à l’ancien testament en hébreux, en passant par les Véda en sanskrit.

A quatorze ans, il devient apprenti ajusteur. Poursuivant l’étude des textes sacrés, il entrevoit le symbolisme derrière la parabole. Son esprit s’aiguise et clarifie ses pensées. A dix-huit ans, il accepte un travail pénible. Il est chargé de l’entretien des chaudières de l’aérodrome de Vélizy-Villacoublay. C’est au pied de celles-ci qu’il entame la lecture des textes philosophiques de l’inde : les Upanishad. Il s’intéresse aussi aux étoiles et apprend à cartographier le ciel.

Lorsqu’il effectue son service militaire, la France entre en guerre contre l’Allemagne et il reste mobilisé. Il a alors vingt ans. Nommé chef de corps-franc, il échappe plusieurs fois à la mort. Lors de la signature de l’armistice, Paul Adam fait partie des deux millions de prisonniers en Allemagne. Pris pour un juif, il échappe de peu à l’extermination. C’est, comme ouvrier agricole, qu’il part se refaire une santé dans une famille allemande. Puis, de nouveau, c’est l’incarcération. A peine une année s’est écoulée lorsqu’il se retrouve dans un camp de travail. Là, il organisera un réseau d’évasion à partir duquel il délivrera plusieurs de ses compatriotes tandis qu’il attendra l’arrivée des américains pour retrouver la liberté.

Après ces huit années de contrainte, il reprend le travail en tant que mécanicien de précision dans l’aéronautique. Néanmoins son ancienne passion le rattrape, il est toujours en quête de connaissances. Quelques années d’étude lui suffisent pour entrevoir la Clef des textes les plus ésotériques. Celle-ci permet le déchiffrage et la compréhension. C’est alors qu’il décide de partir pour l’Inde et mettre à l’épreuve son savoir.

Ses connaissances du pâli, du sanskrit et du canon bouddhique lui permettent d’être ordonné moine moins d’un mois après son arrivée à l’université de Nâlanda dans l’état du Bihâr. Être bhikshu, être moine, c’est apprendre à mendier ses repas, dormir à la belle étoile, vivre la vie d’un ermite. Très vite il se familiarise avec l’hindi, langue incontournable avec l’anglais.

Afin de ne pas être une charge pour la société Paul Adam, devenu le vénérable Aryadeva, accepte le poste d’enseignant de langues étrangères à l’institut de sanskrit de Darbhanga. Quelques temps plus tard sa rencontre avec un journaliste de Paris-Match le conduira aux quatre coins de l’Inde. Pendant quinze ans il explore le subcontinent et les pays voisins, s’aventurant jusqu’au Tibet parmi les sadhu shivaïtes. Il est le premier Occidental à être reconnu par les brahmanes et à pouvoir pénétrer dans le Temple d’Or à Bénarès. Les bouddhistes le portent également en grande estime et il rencontre le Dalaï Lama.

En juillet 1960, il participe à la fondation de la « Buddhist himalayan sociéty » et refuse la présidence d’un mouvement gandhiste qu’il considère trop politisé. Puis, alors que personne dans son proche entourage ne soupçonne sa volonté de retourner en France, il quitte l’Inde au grand dam de ses amis. Il s’installe alors dans le Jura, se marie et a un fils. Trois ans après il disparaît, victime de la bilharziose, une maladie qu’il a contractée en Inde. Mort à l’âge de 53 ans, autodidacte, polyglotte (il connaissait onze langues), Paul Adam laisse une somme formidable de documents.

Épilogue

L’hommage, que je rends au vénérable Aryadeva à travers cette courte biographie, me paraît bien dérisoire face aux connaissances dont je lui suis redevable. Ce magnifique travail, ce sublime héritage qu’il nous a laissé, m’a permis d’entrevoir l’évolution du monde et le chemin parcouru par les civilisations à travers l’histoire des religions. Les symboles sont là et attestent de cette progression conduite par le fil invisible de la Conscience universelle. L’Intelligence est là, toute proche, il suffit de s’en saisir. Néanmoins, bien qu’à notre portée, le travail nécessaire pour pénétrer cette somme de connaissances est considérable. Il n’est pas si facile d’approcher les symboles universels, regroupant ensemble les traditions, et de les comprendre pleinement.

Sans l’étude approfondie de certains chapitres de « La Clef », je n’aurais pu écrire l’article : Métaphysique et mécanique quantique : concordances. Cet article nous révèle les fondements de l’univers alors même que les scientifiques doutent de leurs propres théories tandis que de récentes découvertes — comme l’accélération de l’expansion de l’univers et la vitesse de rotation des étoiles en périphérie des galaxies (découverte de Vera Rubin), — contrarient leur croyance. La nature et l’origine du fond diffus cosmologique laissent les chercheurs perplexes tandis que la métaphysique apporte un nouvel éclairage sur l’origine de l’univers et par voie de conséquence sur la nature non-baryonique du fond diffus cosmologique. D’autres questions, comme le domaine d’application de la constante cosmologique d’Einstein, seront abordées dans cet article. Et enfin, la métaphysique nous expliquera pourquoi la gravité mesurée (calculée) n’est pas la gravité réelle. Nous voyons donc que l’étude de ce dossier — au-delà de la physique — est indispensable pour comprendre l’Univers et la Vie dans son expression la plus exhaustive. Les métaphysiciens étudient l’horloge cosmique alors que les scientifiques appréhendent seulement les engrenages. Les premiers se placent sur le plan des causes, les seconds, sur le plan des effets. Les deux points de vue sont nécessaires et indispensables à la compréhension globale.